samedi 6 décembre 2008

Dubrovnik, croatie - 2007

Contre Montherland

"il ne faut pas qu'un artiste s'intéresse trop à son époque, sous peine de faire des œuvres qui n'intéressent que son époque" Carnets 1930-1944.


Je tiens pour acquis l'idée que l'écriture est une inscription première dans une modernité proche ou simultanée.

Je puis faire défaut à cette idée, je ne serais qu'un rimailleur, verbeux cacochyme, un génie de l'esbroufe, un narcisse sans teint. Ce siècle achevé, ce siècle des horreurs, ce siècle des hommes fiers de leur nudité recouvrée, nous laisse des voix.

Nous pouvons les entendre. Elles n'ont de cesse de nous hanter. Elles tiennent l'oubli, la solitude, la déférence pour un ferment de l'humanité. L'image qu'elle a pu leur offrir ne prêtait nullement à la confusion. Ces voix nous interpellent car elles nous disent l'homme misérable et fieffé menteur et cela trahit en nous toute une mythologie trop humaine.

Faire tomber les bastilles de l'ignorance. Le faire sans ambages ni vergogne. L'entreprise peut paraître retors. Dire l'homme, l'incommunicabilité de sa présence et son inscription dans une durée qui lui échappe sans cesse. Il est passé, avenir mais jamais présent.